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La part du colibri

Contre la pénurie d’emplois, la grève du chômage !

Point de vue

Contre la pénurie d’emplois, la grève du chômage !

Faire la grève c’est provoquer une rupture au travail, poser un acte de résistance, manifester en public cette volonté de changement. Trop c’est trop ! Je fais la grève, je cesse de travailler.
La grève était réservée jusqu’ici aux salariés qui pouvaient cesser le travail pour protester et en cessant de travailler créer une situation de crise, sortir du conflit latent et en le rendant aigu, contraindre les partenaires à rechercher une solution.

La « Grève du chômage » est l’invention d’un événement symétrique pour tous ceux qui sont privés d’emploi, c’est un moment de révolte contre la « pénurie d’emplois » qui transforme, contre leur gré, des citoyens en « demandeurs d’emploi, chômeurs de longue durée ». De même que, lorsque les salariés sont mécontents de leurs conditions de travail, ils font la grève, de la même façon, lorsque les chômeurs de longue durée sont mécontents de la pénurie d’emploi, ils font la grève du chômage.

Le jour de la Grève du chômage, des piquets de grève sont organisés pour protester contre la privation d’emploi.
Certains pensent que la « pénurie d’emplois » est inéluctable, qu’elle est la conséquence de la modernité, de la robotique, de la mondialisation et qu’au demeurant personne ne peut l’éviter. Une partie de la population, les moins performants, doit être passée par « pertes et profits », c’est un « moindre mal », disent-ils, c’est le prix à payer, mais que diable, ils ne sont pas si malheureux ! Ils ont des allocations, certains proposent même une « allocation universelle » pour la bonne conscience collective.
Nous faisons la grève pour protester contre ces idées reçues. Nous faisons la grève parce qu’il y a du travail, beaucoup de travail utile qui n’est pas fait. Quel que soit le progrès technique et scientifique, il y a du travail utile, qui reste à faire et que les machines ne peuvent prétendre réaliser à notre place. Tous les travaux qui permettent de « prendre soin » de la société, toutes les aides de toutes natures qu’il faut apporter à chacun pour qu’il puisse trouver sa place et vivre mieux. Nous protestons parce qu’il y a des citoyens, beaucoup de citoyens condamnés à être inutiles par la privation d’emploi alors que tant de choses restent à faire. Protester parce qu’il y a de l’argent, beaucoup d’argent qui est mal utilisé et qui pourrait financer les travaux utiles et créer de l’emploi à proportion des besoins d’emploi de la population. Protester parce que nous croyons que « détruire la privation d’emploi » est possible, et que si elle est possible c’est un devoir démocratique, un devoir de citoyen.
C’est pourquoi, pendant la journée de grève, les grévistes cessent de chômer pour protester ! À l’inverse de la grève ordinaire, tous les grévistes se mettent au travail, gratuitement.
Des groupes locaux constitués de chômeurs de longue durée, de militants associatifs et de citoyens sympathisants, mais aussi d’élus locaux et nationaux, d’acteurs de la mobilisation territoriale (transition énergétique, agenda 21) ou de représentants de structures d’insertion, des services publics de l’emploi, tous protestent en réalisant ce jour-là, gratuitement, tous ces travaux utiles qui devaient procurer des emplois aux citoyens injustement exclus.

Cette année, la Grève du chômage a lieu le jeudi 26 octobre. Elle s’organise à la fois sur le terrain, dans plusieurs territoires volontaires et expérimentaux, mais aussi sur les réseaux sociaux, où les internautes sont invités à soutenir la mobilisation et à populariser l’expérimentation.

Plus d’informations ici

Patrick Valentin
Directeur du Fonds d’expérimentation « Territoires zéro chômeur de longue durée » (ETCLD) et vice-président de l’association TZCLD

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