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DOSSIER : Journée mondiale de lutte contre le gaspillage alimentaire

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DOSSIER : Journée mondiale de lutte contre le gaspillage alimentaire

Quand il s’agit de gaspillage alimentaire, les longs discours sont inutiles. Les chiffres suffisent amplement. Jugez plutôt : un tiers des aliments produits sur la planète finissent à la poubelle sans avoir été consommé. En Europe, cela représente 115 kg par personne et par an, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. De quoi nourrir un milliard de personnes, soit l’intégralité de ceux qui souffrent de malnutrition dans le monde. Au moins un quart de ce gaspillage peut être évité par une modification des comportements individuels, puisqu’il s’agit de restes de repas, de fruits et légumes non consommés et d’aliments non-déballés. Pour le reste (grande distribution, restauration collective ou commerciale…), de nombreux leviers d’action existent. Pour les favoriser, le Danemark s’est lancé dans une grande politique de subvention des projets anti-gaspillage.

 

#REPORTAGE

Un supermarché vend les invendus

Alors qu’un tiers de la production alimentaire mondiale termine à la poubelle, un supermarché danois a décidé de ne commercialiser que les invendus des autres magasins. Avec un double objectif : réduire le gaspillage et permettre à tous l’accès à certains produits.

Impossible de le manquer. À l’angle de l’immense avenue Amagerbrogade et de l’allée Tycho Brahes, qui mène au grand cimetière de Copenhague, sa devanture ultra-moderne, surplombée d’une bannière sobre et élégante, ne passe pas inaperçue. Impossible de se tromper non plus : c’est écrit blanc sur noir, tout autour du magasin : WeFood. Derrière ces grandes baies vitrées, les étalages classiques d’une grande surface. À une différence près : tous les produits présentés ici étaient destinés à la poubelle.

Car WeFood n’est pas tout à fait un supermarché comme les autres. Engagé dans la lutte contre le gaspillage alimentaire, il s’est fixé comme mission de récupérer les invendus des grandes surfaces de la ville, et de les revendre entre 30 et 50% moins cher. Sur ses rayons, donc, des produits périmés mais encore consommables, ainsi que des produits ne correspondant pas aux standards esthétiques (une pomme à deux têtes, une courgette tordue…) ou encore des produits mal emballés.

« Notre objectif est multiple, explique l’instigateur du projet, Per Bjerre. Nous souhaitons d’une part sensibiliser les gens au gaspillage alimentaire et permettre concrètement de le limiter. D’autre part, en vendant tous ces produits à moindre coût, nous rendons certaines denrées plus accessibles. On s’adresse aux faibles revenus, mais également à tous les consommateurs préoccupés par la quantité de déchets alimentaires produits par ce pays. La plupart des gens s’accordent à dire qu’il s’agit-là d’une approche positive et constructive du problème.» Il faut dire que le Danemark s’est taillé une réputation de solide gaspilleur en Europe, avec 747 kg de déchets par habitant et par an, contre 530 kg en France ou 297 kg en Pologne, selon Eurostat. Au total, le pays jette environ 700 000 tonnes de nourriture par an. Au niveau mondial, 1,3 milliard de tonnes d’aliments partent à la poubelle, et 80% de ce gaspillage est généré par les pays les plus développés.

Une inauguration remarquée

L’inauguration du premier magasin, en février 2016, a eu lieu en grande pompe, en présence notamment de la Ministre de l’environnement et de l’alimentation de l’époque, Eva Kjer Hansen, qui a salué l’initiative en affirmant que l’ouverture d’«un supermarché comme Wefood représente une étape importante dans la lutte contre le gaspillage alimentaire». Même la princesse Marie du Danemark avait fait le déplacement, et a assuré qu’elle était prête à consommer ces produits. « Ici, tous les aliments ont l’air bons! »…

Quelques mois plus tard, on n’a pas revu la princesse Marie chez WeFood. Ce qui n’a pas empêché l’enseigne de rencontrer un très large succès. Birgitte Qvist-Sorensen, secrétaire générale de Folkekirkens Nodhjælp, l’ONG à l’origine du projet, tire déjà quelques enseignements de son initiative. « Tout se vend très rapidement, et on voit des personnes avec des profils très différents. Des gens avec des revenus modestes, mais également des étudiants, des familles… » Pour autant, WeFood entend exister au-delà de l’argument économique. « C’est aussi une prise de position politique », assure Birgitte Qvist-Sorensen. L’enseigne a en effet été fondée dans le souci d’appuyer l’effort gouvernemental pour corriger les mauvaises habitudes danoises. Ces cinq dernières années, le pays a déjà réussi à réduire de 25% les déchets alimentaires. Et l’effort se poursuit, puisque le gouvernement vient de lancer une vaste campagne de subventions visant à soutenir les projets de ce type.

Jusqu’à présent, WeFood a fait sans subvention. Le projet a d’abord été pensé par une banque alimentaire et une ONG religieuse, qui ont réuni 150 000 dollars pour franchir les obstacles juridiques, notamment ceux concernant la vente de produits périmés. Dans un second temps, une levée de fond via une plateforme de crowdfunding a permis d’obtenir l’équivalent de 1,6 millions d’euros pour l’ouverture du magasin, lequel est entièrement géré par des bénévoles. Le projet étant à but humanitaire et non lucratif, les bénéfices sont utilisés pour financer des projets dans des pays en développement ou dans des camps de réfugiés, notamment au Soudan et au Bangladesh.

Pour se fournir, WeFood a passé plusieurs accords avec une douzaine d’enseignes de la grande distribution alimentaire (notamment Føtex, l’une des plus grandes chaînes du pays), qui le fournissent en invendus de pain, viande, denrées non-périssables, fruits et légumes. Impossible, donc, de connaître en avance ce que l’on pourra trouver en rayon. « Tout dépend de ce dont se débarrassent nos partenaires, précise Birgitte Qvist-Sorensen. En ce moment, nous avons beaucoup de concombres, de laitues ou encore du pain et du saucisson pour garnir les pizzas. Mais cela peut changer du jour au lendemain. Il y a par ailleurs des produits que l’on ne vend pratiquement pas.»

Une forte politique de subventions

Les produits laitiers, par exemple. Car WeFood distingue bien deux types de denrées périmées. Celles qui doivent être vendues au plus tard à une certaine date – comme les produits laitiers ou la viande fraîche –, et celles qui ont une date limite d’utilisation optimale. Ce sont uniquement les produits de cette dernière catégorie qui se retrouvent sur les étagères du magasin, après qu’un spécialiste a précisé pendant combien de temps ces aliments pouvaient encore être proposés sans risque pour la santé. « Le café peut ainsi être vendu jusqu’à deux mois après la date de péremption indiquée sur le sachet, souligne Birgitte Qvist-Sorensen. On vend également beaucoup de céréales, de jambon, de farine… Des aliments dont seules les qualités nutritives et gustatives se détériorent dans un premier temps, mais qui restent consommables. »

WeFood aime aussi rappeler que l’on trouve également dans ses allées d’autres denrées que celles dont la date d’utilisation optimale est dépassée, comme des produits hors standards visuels ou mal emballés. Une attitude saluée par le gouvernement danois. « Un supermarché comme WeFood a vraiment du sens, et c’est un pas important dans le combat contre le gaspillage alimentaire, a souligné le nouveau Ministre, Esben Lunde Larsen. Ces aliments encore consommables qui sont jetés, c’est ridicule. C’est de la nourriture gaspillée, de l’argent gaspillé, et c’est mauvais pour l’environnement. » Les acteurs publics danois entendent d’ailleurs remplir leur part du contrat. Dans un premier temps, 700 000 euros de subventions vont être versés à des projets visant à lutter contre le gaspillage alimentaire. «Chaque année, les consommateurs et la grande distribution gaspillent une quantité de nourriture qui pourrait remplir 9 730 chariots de supermarché, a expliqué Esben Lunde Larsen. Et on ne compte pas les autres étapes de la chaîne alimentaire. C’est un problème économique et environnemental.» Le Ministre a par ailleurs annoncé des assouplissements législatifs. « Il reste encore beaucoup de barrières et de règles qui ne participent en rien à la sécurité alimentaire, mais qui rendent difficiles les dons de surplus », a-t-il déploré.

En attendant, WeFood poursuit son développement et a ouvert un second magasin à Copenhague. L’initiative existe déjà ailleurs dans le monde, puisque dans le Massachussets, aux États-Unis, un ancien dirigeant des magasins d’alimentation Trader Joe’s a lancé une enseigne similaire, baptisée Daily Table, en juin 2015. Pendant ce temps-là, en France, diverses mesures de lutte contre le gaspillage alimentaire ont été prises par l’Assemblée nationale et le Sénat. Votée à l’unanimité, la nouvelle loi empêche notamment les grandes surfaces de jeter de la nourriture et de rendre leurs invendus impropres à la consommation.

 

#ANALYSE

Jean Moreau est co-fondateur et Président de Phénix, une structure qui favorise la revalorisation de produits, alimentaires et non alimentaires, à destination notamment des acteurs associatifs.

Comme WeFood, vous avez lancé un projet pour lutter contre le gaspillage. Comment fonctionne-t-il ?
Nous récupérons les invendus des magasins, pas uniquement alimentaires d’ailleurs, même si c’est notre cœur de métier, et nous les redistribuons sous forme de dons en nature. Concrètement, nous avons développé une plateforme numérique, avec un système de géolocalisation. Les grandes surfaces y viennent pour signaler leurs invendus, par exemple trois palettes de biscuits, et toutes les associations du secteur sont immédiatement informées. Elles peuvent alors se positionner, soit sur tout ou partie du lot, et elles viennent faire la collecte. Dans certains cas, nous affrétons nous-même un camion ou un triporteur, et nous faisons un ramassage dans plusieurs magasins pour livrer les associations.

Quid des produits qui ne peuvent plus être consommés ?
C’est aussi une question que nous nous sommes posée : que faire des produits qui restent après notre passage, notamment des produits périmés ou disqualifiés ? C’est toujours dommageable qu’ils terminent en déchets, et que nos clients soient facturés pour ça. Nous avons donc creusé la piste de l’alimentation animale. Il y a également une autre filière à exploiter, celle du biogaz, du compost. Nous essayons de sortir du simple don en nature pour migrer, plus globalement, vers l’économie circulaire. Nous estimons que les déchets sont la matière première du XXIe siècle.

Selon vous, un projet comme WeFood est-il une bonne réponse au gaspillage alimentaire ?
Absolument. Ce projet va plus loin que le nôtre, qui a ses limites. En effet, nous n’avons pas de magasin, pas d’équipement pour stocker de l’alimentaire. À aucun moment les produits ne sont entreposés, mis en rayons, et vendus aux consommateurs. Nous travaillons uniquement à flux tendu. Or, bien qu’il y ait beaucoup d’associations, il y a encore plus d’invendus. Par conséquent, plus on a de partenariats avec des magasins, plus on a du mal à gérer le volume. À terme, il est possible que l’on sature le réseau associatif. Il faut donc se poser la question : au-delà du don, que peut-on faire ? Dans le cadre de cette réflexion, une épicerie anti-gaspillage, comme WeFood, prend tout son sens.

Une telle initiative peut-elle être dupliquée en France ?
Oui, car il y a un réel intérêt pour les grandes surfaces. Les produits dont il est question sont destinés à l’incinération, à l’enfouissement ou à la destruction. Or, Veolia, Suez, ou les autres acteurs du secteur, facturent la rotation, le tonnage, la mise en décharge… Le traitement des déchets peut donc coûter entre 80 et 100 000 euros la tonne. Mécaniquement, se débarrasser de ses invendus en amont fait donc baisser la facture, puisqu’elle permet aux entreprises de réduire leur volume de déchets. Par ailleurs, il y a un autre élément très significatif en France : le don en nature est défiscalisable. Quand vous faites un don de 100 euros au Téléthon, vous pouvez déduire 66 euros de vos impôts. Pour une entreprise, c’est pareil. Quand un magasin donne pour 10 000 euros de produits périmés à une association, elle peut récupérer 60% de la valeur comptable des produits, c’est-à-dire de leur valeur en stock, en crédit d’impôt. Enfin, au-delà de ces aspects financiers, cela reste un geste environnemental et social sur lequel ils peuvent communiquer auprès de leurs consommateurs.

Quelles limites un tel projet pourrait-il rencontrer en France ?
Il faut garder en tête que WeFood est un projet à but non lucratif, qui fonctionne uniquement avec des bénévoles. Est-ce répliquable sur un modèle différent ? En payant des salaires, en plus de la logistique et des charges fixes, est-ce que ça tient encore la route économiquement ? Si ça ne peut fonctionner qu’avec du bénévolat, c’est plus difficile de le développer à grande échelle en France. Il faut que le modèle business, ou social business, soit crédible. Sachant qu’en dehors du chiffre d’affaires lié aux ventes, on peut aussi se rémunérer avec un pourcentage de la réduction des coûts que l’on a générés pour les grandes surfaces. Par ailleurs, il faut aussi s’assurer d’une bonne entente avec les chaînes de grande distribution. Le modèle de récupération des invendus pour dons aux associations fonctionnent très bien – malgré les limites déjà évoquées – ce serait dommage de se tirer une balle dans le pied en se mettant à dos les magasins, qui peuvent estimer qu’avec une épicerie anti-gaspillage, on leur prend une certaine clientèle, même si c’est à toute petite échelle. En revanche, sur l’intérêt sociétal et l’appétit du consommateur, il n’y a pas trop à s’inquiéter. Il est certain que le modèle fonctionnerait. Notre conviction, c’est qu’il y a une vraie demande sur ce domaine-là.

Au-delà de l’aspect financier, quel obstacle ce type de projet peut-il rencontrer lors de son lancement ?
La lenteur du processus de décision dans un grand groupe. Avec une grande enseigne, quand on est une start-up, qu’on est jeunes, on se fait pas mal balader. On passe par le développement durable, puis par la communication, puis par la finance, puis la comptabilité… Et pendant qu’on est trimballés de service en service, le budget est bouclé, et on perd assez vite douze mois avant de comprendre quel est le bon interlocuteur. Une fois qu’on l’a trouvé, il faut encore passer par le décideur, parce que tous n’ont pas le doigt sur le bouton… Ensuite, comme je le disais plus tôt, il faut savoir comment réussir à écouler l’ensemble des volumes qui arrivent. Le jour où tous les acteurs joueront le jeu, il faudra pouvoir répondre à cette question.

Peut-on aller plus loin que le don aux associations et la vente aux particuliers ?
Bien sûr, la lutte contre le gaspillage, notamment alimentaire, est un sujet très porteur, avec beaucoup de projets. Plusieurs autres initiatives existent déjà sur des échelles plus locales, comme les Confitures re-belles ou les Repêchés mignons. Ce sont des choses à garder en tête aussi, même s’ils ne peuvent pas absorber beaucoup de flux, contrairement aux associations. On peut aussi surfer sur la mode des restaurants anti-gaspillage, ou des Foodtrucks qui travaillent à partir d’invendus. Il y a de nombreuses alternatives, mais il n’est pas certain qu’elles grandissent à une échelle suffisante pour répondre à la masse des invendus. Il faut donc continuer à développer des solutions pour que les acteurs la lutte contre le gaspillage ne se retrouvent pas bloqués avec la saturation du secteur associatif.

Le Danemark a justement lancé une politique de subventions pour encourager le lancement de projets sur ce domaine. Une politique similaire en France serait-elle pertinente ?
Il existe quand même beaucoup d’opportunités en France en ce moment. La mairie de Paris, les régions ou encore le ministère de l’Agriculture multiplient les appels à projets. C’est une bonne chose parce que ça permet de muscler le réseau, de le structurer, et de le professionnaliser. En dehors des subventions, les acteurs peuvent trouver des modèles économiques plus autonomes, en se tournant vers des fonds d’investissements, des fonds de finance solidaire, des fonds liés à l’entrepreneuriat social. Il y a un réel intérêt pour ce type de projets. À titre d’exemple, à Phénix, nous avons réussi à lever 2,5 millions d’euros entre juin 2015 et janvier 2016.

D’une manière plus large, comment un acteur politique peut-il aider au développement de ces projets ?
Il y a un sujet qui me semble primordial : la restauration collective. On doit pouvoir faire en sorte que les surplus alimentaires des cantines scolaires, des hôpitaux et des établissements publics en général ne soient pas gaspillés. On peut imaginer beaucoup de choses, à différentes échelles, comme le don à des associations, la distribution de doggy bag aux enfants ou au personnel… Les pouvoirs publics agissent déjà dans une certaine mesure. Avec l’initiative de Ségolène Royal « zéro déchet zéro gaspillage », il y a des budgets débloqués sur certains territoires pour mener des actions pilotes. Il y a donc des idées à aller proposer. Par ailleurs, la loi rend désormais obligatoire le don des invendus pour tout magasin d’une superficie supérieure à 400m2. Le décret est passé en février 2016 et les acteurs avaient un an pour se mettre en conformité. On peut donc se rendre compte qu’il y a déjà une prise de conscience et des actions sur ce domaine. Ça ne remplace pas l’avantage économique décrit tout à l’heure, mais ça force la main des grandes enseignes du privé, et ça conforte la tendance. Il s’agit donc d’actions positives et importantes, qu’il faut poursuivre et développer.

#TÉMOIGNAGE

Les porteurs de projets ont la parole : quels obstacles rencontrent-ils ? Comment des acteurs publics peuvent les accompagner ? Bassel Hmeidan, coordinateur de projet WeFood, répond à ces questions.

«L’obstacle majeur que nous rencontrons actuellement concerne les taxes. En principe, au Danemark, les magasins de revente de produits d’occasion ne paient pas de TVA. Cependant, ce système ne concerne pas les revendeurs du secteur de l’alimentation. Cela entraîne un double effet pervers. D’abord, les magasins qui nous font un don doivent payer une taxe de 25% de la valeur d’origine du produit. Il est donc beaucoup plus économique pour eux de jeter la nourriture, plutôt que de la donner.

Ensuite, nous payons nous-même une nouvelle taxe sur notre chiffre d’affaires. Comme nous travaillons avec des prix cassés, la TVA devient notre plus gros poste de dépense lors du bilan. Nous avons entamé un dialogue avec les autorités danoises en charge des impôts, lesquelles ont accepté de nous offrir des conditions spécifiques. Nous sommes donc autorisés à fixer un prix symbolique pour chaque kilo de nourriture qui nous est donné, ce qui permet aux magasins qui nous donnent leurs invendus de ne payer qu’une taxe très faible, liée à ce prix symbolique.

C’est un premier pas vers une solution, que les acteurs politiques peuvent faire pour faciliter le développement de ce type de projets dans leur région. Cependant, cela entraîne par ailleurs quelques effets négatifs. En effet, ce système nous donne un travail administratif très fastidieux, qui devient vite un fardeau. Ainsi, nous devons enregistrer le poids de chaque don, fixer un prix, calculer le total, et en avertir le donateur, lequel doit revenir vers nous avec une facture pour cet achat symbolique…

Cela entraîne systématiquement des formalités administratives supplémentaires, qui sont très difficiles à gérer dans la mesure où nous travaillons principalement avec des bénévoles. De plus, certains montants de transactions sont extrêmement faibles, et le coût des formalités devient trop lourd. Par exemple, beaucoup de nos petits partenaires doivent produire une facture pour des sommes inférieures à 0,25 euros. Facture sur laquelle ils paieront la TVA en fin d’année.

Si l’on veut encourager la lutte contre le gaspillage, il faut faciliter au maximum le don pour les grandes enseignes, et les démarches administratives pour les petites structures. C’est à mon sens le levier que peuvent actionner les décideurs politiques pour nous permettre de faire grandir le projet et de le développer partout dans le pays.»

 

(Photo de Une : Alain Bachellier, service photo du 94, CC).
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